
Tout a commencé l'année dernière par un Rigoletto dont je garde forcément un excellent souvenir.
J'ai débuté cette saison à Bastille avec Salomé, puis premier "Garnier" en janvier avec Le Journal d'un Disparu suivi du Château de Barbe Bleue. Les deux mises en scène assez modernes - projection sur des voiles translucides, escaliers invisibles en tous sens, rideau d'eau - portaient très bien le scénario et l'angoisse croissante à mesure que Judith ouvrait les portes défendues du château de son époux Barbe-Bleue.

Nous n'avons pas eu de chance pour la représentation de Simon Boccanegra... une grève a entrainé une représentation sans décor ("pas d'décor, pas d'costume, pourquoi pas aucun public finalement?"). Le doge de Gênes et la lutte entre patriciens et plébéiens offraient néanmoins une dimension politique fort à propos en période d'élection présidentielle.

Lorsque le roi Henri arrive à Brabant, une querelle oppose le régent Telramund à la soeur du duc disparu, Elsa. Ils s'accusent mutuellement d'avoir tué le duc Gottfried et le roi décide alors de laisser Dieu faire justice au cours d'un duel opposant Telramund à un chevalier représentant Elsa. Mais voilà, personne ne se propose de la soutenir et au bout de quelques supplications, le miracle survient. Le chevalier apparait sur la scène de l'Opéra dans un décor féérique très kitch (petites feuilles qui tombent des arbres, itou itou), guidé par un cygne...
Il gagnera le combat et Telramund, poussé par sa femme Ortrud, complotera contre le Chevalier et Elsa, désormais amoureux.
L'opéra se termine mal car Elsa franchit l'interdit et demande au chevalier son véritable nom. Il s'appelle Lohengrin, chevalier du Saint Graal et fils du roi Perceval. Le cygne était son frère et serait revenu de toute façon au bout d'un an. Lohengrin est contraint de partir mais Elsa retrouve son jeune frère.
Le dernier opéra était très très particulier. Il est conseillé aux amateurs des émissions de quatre heures du matin sur Arte mais déconseillé à tous les autres. Adaptation de contes japonais de l'an mille (style épistolaire) en italien (oui, oui). Il s'agissait en fait de hacher menu chaque mot italien pour qu'il ressemble au mieux à du japonais, au pire à une déglutition. Côté mise en scène, le sol japonisant était beau, la chorégraphie l'était moins. Peu de mouvement, c'était... euh... "moderne?". Les musiciens également n'étaient pas en reste car leur créativité était mise à l'épreuve. Comment souffler dans son instrument à vent sans émettre de son? - sinon le bruit du souffle (autant souffler dans un violon, ça revenait au même). Musique lancinante et très répétitive. J'ai cependant découvert un nouvel instrument à percussion. Il s'agit d'une grande feuille métallique que l'on peut plus ou moins plier et sur laquelle on tape légèrement.
Bref, l'Opéra Garnier s'est vidé d'un quart de ses spectateurs pendant les 2h que durait cette première représentation.
Malgré cette dernière note décevante, j'espère que tout ça vous donne envie de découvrir l'opéra si vous n'y êtes jamais allé, ou d'y retourner si vous êtes déjà amateur(trice) !!!
Prochain opéra pour moi: Un Bal Masqué (Verdi) le 13 juin.
C'est snif, j'ai pas pu obtenir de place pour la Traviata :-(
Guiseppe Verdi - Rigoletto [Bastille]

Richard Strauss - Salomé [Bastille]

Jacques Offenbach - Les Contes d'Hoffmann [Bastille]

Leos Janacek - Journal d'un Disparu [Garnier]

Bela Bartok - Le Château de Barbe-Bleue [Garnier]

Guiseppe Verdi - Simon Boccanegra [Bastille]

Richard Wagner - Lohengrin [Bastille]

Salvatore Sciarrino - Da Gelo a Gelo [Garnier]

Guiseppe Verdi - Un Bal Masqué [Bastille]

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