lundi 17 septembre 2007

Sevilla

Dimanche 16 et lundi 17 septembre,
Notre périple débute le long du Guadalquivir à Séville.
C'est au sud de la péninsule ibérique, en Andalousie, que je foule pour la première fois la terre sableuse et ocre où poussent oliviers et orangers. Sous le soleil de septembre, nous avons arpenté le vieux centre, Santa Cruz, la Plaza de España, la Plaza de Toros (les arènes), et goûté aux spécialités locales - poissons et tapas.
La ville fondée par les Tartessiens au VIIIème siècle av.J.C. a subi de nombreuses influences. Grecque puis romaine, les Vandales, les Suèves et les Wisigoths y déferlent au Ier siècle ap.J.C. De l'époque musulmane - jusqu'au XIIème siècle - demeure l'ancien minaret de la mosquée: la Giralda depuis laquelle la vue est imprenable.
Après la conquête de Ferdinand III, la ville devient chrétienne et il y fait construire une des cathédrales les plus vastes d'Europe, classée au patrimoine mondial de l'Humanité. Séville est alors une des ville les plus peuplée d'Europe avec 200 000 habitants et une économie florissante. Cette cathédrale est très impressionnante mais ne donne pas du tout un sentiment de recueillement. Elle est ici pour montrer la puissance du royaume et c'est tout ce qu'elle fait. On reste les yeux écarquillés.
Au XVIIIème siècle, la chambre de commerce est transférée à Cadix et la ville perd alors de son aura. Elle abrite l'exposition ibéro-américaine de 1929 - date à laquelle la surprenante place d'Espagne est construite - et l'exposition universelle de 1992 qui permet l'aménagement du bras de terre entre le canal et le fleuve (que l'on n'a pas visité).
Je pars ce matin même en direction de la seconde étape: Cordoba.


EDIT du 24/09: voici quelques photos de Séville. Faute de connexion internet les jours suivants, la suite du périple n'a pas été mise en ligne "en temps réel"... je vous écris ça très très bientôt!

vendredi 14 septembre 2007

Ariane et Barbe-Bleue

Paul Dukas (1865-1935) écrivit en 1910: "Personne ne veut être délivré. La délivrance coûte cher parce qu'elle est l'inconnu et que l'homme (et la femme) préfèrera toujours un esclavage "familier" à cette incertitude redoutable qui fait tout le poids du "fardeau de la liberté". Et puis, la vérité est qu'on-ne peut délivrer personne : il vaut mieux se délivrer soi-même. Non seulement cela vaut mieux, mais il n'y a que cela de possible."

Ariane et Barbe-Bleue, mon premier Opéra de la saison, s'annonçait plutôt bien. Je devais y retrouver Willard White dans le rôle de Barbe-Bleue, un baryton-basse anglais impressionnant de carrure et de voix que j'avais pu apprécier l'année dernière dans le Château de Barbe-Bleue.
Mais au final, j'ai trouvé la représentation très décevante! Mon année lyrique commence donc en douceur.
"Pourtant la mise en scène était pas mal trouvée, pas de décor pas de costume" - enfin si, mais un décor qui ne ressemble guère à un château... et pour cause, c'est une usine en ruine de Leipzig qui a inspiré Anna Viebrock (!). Le plafond est très bas, on voyait mal depuis les galeries. La profondeur de la scène n'est pas du tout utilisée et aucun changement de décors (!!). Les costumes quant à eux étaient début du siècle (enfin début XXème).
"Aucune intonation et aucun déplacement, on s'est dit pourquoi pas aucun public finalement"
Barbe-Bleue ne décroche que deux phrases (!!!) Ce sont les voix de ses femmes que nous entendons au cours des trois actes, et principalement Deborah Polaski alias Ariane. Voix trop chevrotantes à mon goût.
Côté musique, je n'accroche pas vraiment non plus. C'est fade, rien ne ressort vraiment.

Bref... je ne vous le conseille pas!

P.S.: Les artistes ont été applaudis mais Anna Viebrock s'est très largement fait huer... je n'avais pas vu ça depuis Da Gelo A Gelo ;) lol


mercredi 12 septembre 2007

L'aube le soir ou la nuit

Je viens de terminer la lecture du livre de la rentrée - politique en tout cas - de Yasmina Reza. S'il ne révèle pas moult indiscrétions de la vie de Nicolas Sarkozy, ce livre peint par touches successives des ambiances, des instants, des lieux, des moments incongrus, des phrases échappées. Les paragraphes sont brefs, les images s'impriment en quelques lignes et le temps file à toute allure. Henri Guaino - la plume - en trame de fond. On cerne assez mal ce que ressent vraiment cet homme en campagne présidentielle mais le style est agréable et les pages défilent.
A lire.

mardi 11 septembre 2007

C'est la rentrée !

J'ai terminé la saison passée par un bal masqué (ohé ohé) fort apprécié. Trêves de rimes en "é", la rentrée est arrivée! Et malheureusement l'achat de places pour la Traviata relève de la quête du Graal! C'est sans doute parce que c'est un des opéras les plus connus du grand public qu'une telle foule veut à tout prix obtenir une place. (La plèbe n'est plus ce qu'elle était!*) Deux heures et demie de file d'attente à Garnier... merci Bob de m'avoir acheté ma place!
Heureusement, il y a aussi d'autres opéras, plus accessibles. J'ai d'ailleurs bien peur que mon agenda et mon porte-monnaie en prennent pour leur grade cette saison. Je commence avec Ariane et Barbe-Bleue jeudi prochain. Puis suivront Capriccio (R. Strauss) fin septembre et la Traviata mi-octobre. Je vais voir également mon premier ballet: Roméo et Juliette (H. Berlioz) et sans doute un second, Casse-Noisette (P.I. Tchaikovski), si je me laisse attraper aussi facilement que par l'opéra. Après tout, ça ne fait qu'un peu plus d'un an que j'ai vu mon premier opéra. On devient facilement mordu. Prenez garde!
*: à prendre au moins au 3ème degré

dimanche 9 septembre 2007

Un vendredi soir...

Tout commence un vendredi soir, un peu fatigué, j'allume la télé et paf! Me voici propulsé en plein Stade de France. Je ne m'y attendais pas vraiment. J'avais suivi l'affaire de loin, sachant pourtant bien qu'une coupe du monde de rugby se déroulait chez nous. La cérémonie d'ouverture semble terminée. Un journaliste pose deux ou trois questions totalement stupides à un chef d'Etat un peu nerveux à qui l'on offre un maillot pour le déstresser. Entrent alors les équipes: trente joueurs qui ont des cuisses de taureau et un air fort peu engageant. Suivent 80 minutes de match où je reste scotché à l'écran, pris par le spectacle. C'est la première fois que je regarde vraiment un match de rugby - j'en avais bien aperçu un lors d'un séjour grenoblois mais c'était quelques minutes volées sur grand écran où je tentais de comprendre les subtilités des règles. Là, il faut bien avouer que je me suis laissé prendre au jeu avec pas mal de plaisir. William Webb Ellis a eu une bonne idée en 1823 lorsqu'il a décidé de ne pas suivre les règles du collège de Rugby en Angleterre. J'ai pu apprécier hier soir un sport ou le mot "collectif" prend beaucoup plus de sens qu'au football. Bien que pesant le double d'un joueur de foot, le rugbyman semble plus fairplay, il partage plus avec son équipe et respecte d'avantage ses adversaires - je ne parle pas du public sans aucun doute plus classe - bref, c'est sympa. Je crois que je réitèrerai l'expérience à l'occasion. Occasion qui devrait se présenter plusieurs fois dans les jours qui viennent.

dimanche 2 septembre 2007

Praha

J'ai profité du week-end du 15 août pour faire une escapade de 1000km. Destination: Prague. Capitale de la République Tchèque, cette ville d'un million d'habitants m'a séduit à plus d'un titre. Son architecture épate. On a l'impression que toutes les maisons sont belles dans la vieille ville Staré Město, les façades presque toujours décorées. Rues animées et convivialité.

Après avoir parcouru les rues du vieux centre, admiré l'horloge astronomique sur la place Staroměstské náměstí, traversé quatre ou cinq fois le pont Charles croulant sous la masse de touristes italiens, visité un certain nombre d'églises et/ou cathédrales au style baroque beaucoup trop lourd par définition, ... nous avons pris le chemin de Hradčany: le château de Prague - une véritable ville dans la ville. Un château dont on ne voit que quelques pièces et une grande cathédrale qui surprend car on tombe nez à nez avec elle en entrant dans la cour. Aucun recul, il n'y a plus qu'à lever la tête.

Week-end culturel et dépaysant! Mais je n'ai pas fait que des visites. Les tchèques font également une très bonne bière blonde: la Pilsner Urquell fabriquée à Plzeň. Et j'ai pu goûter à un petit verre d'absinthe... c'est pas mauvais mais "ça arrache"! (Pour la petite histoire, la vente d'absinthe a été interdite en France en 1908 sous la pression des ligues antialcooliques et des viticulteurs - chacun y trouvant un intérêt alors que ce spiritueux aux plantes avait un fort succès à l'époque)

Si vous en avez l'occasion, visitez Prague le temps d'un week-end! Le charme de cette ville ne vous laissera à coup sûr pas indifférent(e). (Héhé... moi j'y retournerai bien :-)


dimanche 29 juillet 2007

Ternes aurores

Allongé dans ce grand lit, les paupières demi-closes, il émergeait lentement de la torpeur. Il la regardait avec admiration. Allongée auprès de lui, elle rêvait encore à poings fermés. Les premières lueurs de l’aube passaient à travers la petite fenêtre de la chambre au papier jauni. Il jeta un bref coup d’œil à la vieille armoire en bois sombre, héritage familial, qui renfermait ses vêtements. Mais il n’était pas encore question de se lever. Il comptait bien faire durer cet instant paisible et irréel du réveil.

Il contemplait les courbes tendres et élancées de sa compagne, sa peau douce et suave qu’il effleura délicatement du revers de sa main pour ne pas la réveiller. Il se remémora leur rencontre fortuite il y a déjà plusieurs mois, les diners et les fou-rires qui suivirent, les jours heureux, et le temps qui passe. Tous ces tic-tac égrenés à ses côtés donnaient à ces premières pensées du matin des allures nostalgiques. Il n’avait pas vu filer les jours et avait quelques remords de ne pas en profiter d’avantage. Tous les jours il voyait ces vies écourtées qui n’ont pas profité. Il s’était toujours dit qu’il se donnerait à deux cents pour cent, mais là, ce matin, il avait du mal à faire un bilan. L’introspection ne donnait rien. Peut-être était-t-il encore trop tôt ? Six heures passées de quelques minutes.

Décidé à se lever, il s’accorda une dernière minute au lit, tourna la tête vers la fenêtre et regarda les nuages avancer. Ça ne serait pas une belle journée pour la saison. Le ciel était gris à souhait, les routes et les champs surement encore ruisselants des pluies de la nuit.

Il se leva délicatement et posa un regard attentionné vers son amie. Elle bougea légèrement en poussant un petit grognement. Elle dormait. Lui esquissa un sourire.

Il se dirigea vers la cuisine encore baignée d’ombre, mit deux tranches dans le grille-pain puis revint vers l’armoire. Il choisit comme à son habitude des vêtements sombres. Il n’avait guère le choix. Ça serait encore une nouvelle journée maussade. Un défilé de sombres amertumes. Pas facile, la vie de croque-mort !

samedi 7 juillet 2007

Les Chevaliers du subjonctif


Que vous ayez lu ou non le précédent ouvrage d'Erik Orsenna "La Grammaire est une Chanson Douce", "Les Chevaliers du Subjonctif" vous entraine dans une mini-aventure à travers un archipel assez original. Que fût légère et amusante, au cours du voyage de Jeanne, cette redécouverte d'un mode du flou, du doute, du possible. Le rêve et le désir. Une enquête sur le "qu'est-ce que l'amour" en toile de fond. Ne craigniez point de vous aventurer dans cette courte lecture dépaysante ;-)

dimanche 17 juin 2007

Faites de la Musique !


Pour la 26ème édition de la fête de la musique, le programme proposé est une nouvelle fois riche et varié! Pour s'y retrouver et ne pas errer dans les rues parisiennes, je vous ai fait une petite sélection selon mes goûts... (classique, pop/rock, et un peu de musique traditionnelle (irlandaise/bretonnante, slave/tzigane, ...).
Vous retrouverez tous ces rendez-vous sur une carte Google Maps: cliquez ici!

Bonne fête de la musique à tous!

dimanche 27 mai 2007

Opéra

En habitant à deux pas de l'Opéra Bastille, je ne pouvais rater cette rencontre avec un style musical qui m'était totalement méconnu. J'ai entamé cette initiation voilà plus d'un an et je me prends de plus en plus au jeu. J'invite d'ailleurs les réticents à franchir le pas. Il s'agit à chaque fois (sauf exception) d'un véritable voyage des sens. Voyage musical qui vous porte au fil d'une intrigue en général assez simple mais prenante.

Tout a commencé l'année dernière par un Rigoletto dont je garde forcément un excellent souvenir.
J'ai débuté cette saison à Bastille avec Salomé, puis premier "Garnier" en janvier avec Le Journal d'un Disparu suivi du Château de Barbe Bleue. Les deux mises en scène assez modernes - projection sur des voiles translucides, escaliers invisibles en tous sens, rideau d'eau - portaient très bien le scénario et l'angoisse croissante à mesure que Judith ouvrait les portes défendues du château de son époux Barbe-Bleue.
Les contes d'Hoffmann nous font découvrir les amours malheureuses d'un poète à travers trois volets. Décors impressionnants pour cette mise en abîme où l'on voit tour à tour les coulisses, la scène, la fosse d'orchestre et la salle même d'un Opéra! Tout d'abord piégé par Olympia, une femme automate, Hoffmann tombera ensuite amoureux d'Antonia la chanteuse et de Giulietta la courtisane. Sans cesse contrecarré par un diabolique personnage, il ne lui restera que la muse pour noyer son chagrin... et l'histoire du nain Kleinzach qui emporte toujours les foules. :-)

Nous n'avons pas eu de chance pour la représentation de Simon Boccanegra... une grève a entrainé une représentation sans décor ("pas d'décor, pas d'costume, pourquoi pas aucun public finalement?"). Le doge de Gênes et la lutte entre patriciens et plébéiens offraient néanmoins une dimension politique fort à propos en période d'élection présidentielle.
Les deux derniers opéras que j'ai vu sont Lohengrin, du Wagner puissant mais très sympa, et Da Gelo a Gelo... disons... plus conceptuel.
Lorsque le roi Henri arrive à Brabant, une querelle oppose le régent Telramund à la soeur du duc disparu, Elsa. Ils s'accusent mutuellement d'avoir tué le duc Gottfried et le roi décide alors de laisser Dieu faire justice au cours d'un duel opposant Telramund à un chevalier représentant Elsa. Mais voilà, personne ne se propose de la soutenir et au bout de quelques supplications, le miracle survient. Le chevalier apparait sur la scène de l'Opéra dans un décor féérique très kitch (petites feuilles qui tombent des arbres, itou itou), guidé par un cygne...
Il gagnera le combat et Telramund, poussé par sa femme Ortrud, complotera contre le Chevalier et Elsa, désormais amoureux.
L'opéra se termine mal car Elsa franchit l'interdit et demande au chevalier son véritable nom. Il s'appelle Lohengrin, chevalier du Saint Graal et fils du roi Perceval. Le cygne était son frère et serait revenu de toute façon au bout d'un an. Lohengrin est contraint de partir mais Elsa retrouve son jeune frère.

Le dernier opéra était très très particulier. Il est conseillé aux amateurs des émissions de quatre heures du matin sur Arte mais déconseillé à tous les autres. Adaptation de contes japonais de l'an mille (style épistolaire) en italien (oui, oui). Il s'agissait en fait de hacher menu chaque mot italien pour qu'il ressemble au mieux à du japonais, au pire à une déglutition. Côté mise en scène, le sol japonisant était beau, la chorégraphie l'était moins. Peu de mouvement, c'était... euh... "moderne?". Les musiciens également n'étaient pas en reste car leur créativité était mise à l'épreuve. Comment souffler dans son instrument à vent sans émettre de son? - sinon le bruit du souffle (autant souffler dans un violon, ça revenait au même). Musique lancinante et très répétitive. J'ai cependant découvert un nouvel instrument à percussion. Il s'agit d'une grande feuille métallique que l'on peut plus ou moins plier et sur laquelle on tape légèrement.
Bref, l'Opéra Garnier s'est vidé d'un quart de ses spectateurs pendant les 2h que durait cette première représentation.

Malgré cette dernière note décevante, j'espère que tout ça vous donne envie de découvrir l'opéra si vous n'y êtes jamais allé, ou d'y retourner si vous êtes déjà amateur(trice) !!!

Prochain opéra pour moi: Un Bal Masqué (Verdi) le 13 juin.
C'est snif, j'ai pas pu obtenir de place pour la Traviata :-(

Guiseppe Verdi - Rigoletto [Bastille]

Richard Strauss - Salomé [Bastille]

Jacques Offenbach - Les Contes d'Hoffmann [Bastille]

Leos Janacek - Journal d'un Disparu [Garnier]

Bela Bartok - Le Château de Barbe-Bleue [Garnier]

Guiseppe Verdi - Simon Boccanegra [Bastille]

Richard Wagner - Lohengrin [Bastille]

Salvatore Sciarrino - Da Gelo a Gelo [Garnier]

Guiseppe Verdi - Un Bal Masqué [Bastille]