vendredi 17 avril 2009

Indo et Franz

Je n'ai que trop rarement publié des billets sur des sorties d'albums. Je me rattrape aujourd'hui en vous parlant de deux groupes qui enchantent mes oreilles régulièrement: Indochine et Franz Ferdinand.

Franz Ferdinand Tonight, ou l'album d'un retour tonitruant du groupe écossais qui avait cumulé les succès en 2004 lors de la sortie du premier album et des entrainants Take Me Out, The Dark of The Matinee, et j'en passe. Après un second album n'ayant pas eu les mêmes faveurs du public, leur nouvel opus sorti en début d'année, nous plonge dans des sons plus électroniques avec des basses pulsatiles sur bon nombre de morceaux, tout en conservant la signature rock et la voix d'Alex Kapranos qui ont fait le succès du groupe. C'est rafraichissant, énergisant et ça s'écoute en boucle!

Avec La République des Météors, Indochine nous démontre que le groupe n'a rien perdu de son énergie et de son talent après bientôt trente années d'existence (aïe, déjà?). Il nous offre en effet près de vingt petits chefs d'oeuvre (comment, je ne suis pas objectif?) dans cet album qui, à mon avis, renoue un peu avec les débuts bien que dans la veine Paradize, Alice & June. La première guerre mondiale en trame de fond, la plume et la poésie de Nicolas Sirkis sont au beau fixe et Indo fait de l'Indo... oui, mais bien! Ca n'est pas un hasard, si après avoir écouté cet excellent album vous vous surprenez à siffloter certaines mélodies dans la rue...

jeudi 16 avril 2009

Othon l'archer

Sous la plume d'Alexandre Dumas père, nous faisons une immersion dans le romantisme en suivant les aventures d'Othon l'archer dans un univers de conte médiéval germanique. Impossible de ne pas faire un parallèle avec le Lohengrin Wagnérien, tant pour l'ambiance des croisades d'outre-Rhin que pour cette spectaculaire apparition du chevalier au cygne.
Mais reprenons du début.
Le landgrave Ludwig ne sait que faire; il vit sous le poids des soupçons tant la ressemblance est frappante entre son fils Othon et le fidèle Albert, ami d'enfance de sa femme Emma. Il décide alors de faire conduire sa femme et son fils au couvent. Mais sur le chemin, Othon se jette dans les eaux du Rhin pour échapper à l'enferment, puis rejoint, sans donner son nom, un groupe d'archers se préparant pour une compétition. Pendant ce temps, le meilleur ami du landgrave, le comte Karl, tente de démêler cette histoire... mais il est trop tard, Othon a disparu... (suspens ;-)
Dans une atmosphère moyen-âgeuse viennent se greffer des éléments de fantastique pour sublimer l'âme et les sentiments au sein de cette oeuvre de la fin du romantisme. Partant(e) pour un petit détour par l'an de grâce mille trois cent quarante?

Merci à Praline qui m'a offert ce livre il y a un an avant de me l'emprunter. (Je vous rassure, je l'ai récupéré depuis!)

mercredi 15 avril 2009

Idomeneo

Idomeneo, l'opéra séria de Mozart passait en mars sous les dorures du palais Garnier.
En trois actes, le roi roi de Crète, Idoménée, promet à Neptune de tuer la première personne qu'il croisera sur la plage si le dieu lui laisse la vie sauve. Hors bien évidemment c'est son fils qu'il voit en premier. Idamante dont Ilia - princesse troyenne ex-captive mais sauvée par Idamante - est éperdument amoureuse.
S'en suit toute une série de péripéties, d'Electre jalouse, de monstres marins et ... une fin heureuse avec une succession de pouvoir et un mariage annoncé.

Etais-je trop fatigué ce soir là... j'ai beau avoir conservé une impression globalement positive et passé une agréable soirée, je n'arrive pas à remettre la main sur un air ou à retrouver une image forte. La mise en scène pas folichonne de Luc Bondy - et son front de mer censé symboliser Neptune - y est peut-être pour quelque chose.

Sans transition, hier soir, j'ai eu l'heureuse surprise de découvrir la nouvelle saison de l'opéra dans ma boite aux lettres avec un DVD à la clé présentant des interviews et de courts extraits des oeuvres de l'année prochaine. (Je vous en dirais plus dans un prochain billet) (Si.. puisque je vous dis que je fais des billets régulièrement ;-)

mardi 14 avril 2009

La leçon de musique de JFZ

Jean-François Zygel n'est plus à présenter. Sorti du Conservatoire National de Musique de Paris avec dix premiers prix, c'est avant tout un passionné de musique, pianiste, compositeur et pédagogue hors pair. Il anime depuis plus de dix ans une leçon de musique mensuelle à la mairie du XXème puis au théâtre du Châtelet et présente une émission estivale sur France 2 sur le même principe.

J'ai donc ainsi pu découvrir à la mi-février (quand je vous dis que je suis en retard dans mes billets ;-) la leçon de musique portant sur le compositeur tchèque Janáček. (J'avais vu en 2007 Journal d'un Disparu à l'opéra Garnier).
De façon très didactique, JF Zygel nous emmène à travers l'oeuvre de Janáček - pas évidente au premier abord - découvrir les différents mouvements d'un morceau et les émotions portées. Parfois en rejouant plusieurs fois l'extrait. C'est tout à fait fascinant.

Plusieurs musiciens assez divers viennent appuyer cette promenade musicale; il y avait en février: une soprano, un quatuor à cordes, un quintette à vents, un clarinettiste et JFZ au piano.

Prochaine "leçon" : Francis Poulenc le lundi 11 mai à 15h et 20h au théâtre du Châtelet.

lundi 13 avril 2009

Slumdog Millionaire

Après une pause bloguesque de quelques semaines... je reprends la publication des billets en passant en revue rapidement mes sorties et lectures du/des dernier(s) mois. (des news pas très fraîches donc...)

Si vous n'avez pas encore vu Slumdog Millionaire, le film de Danny Boyle qui a rafflé un nombre incalculable de récompenses - dont huit Oscars et deux Golden Globes - c'est que vous êtes parti sur une ile au large du Queensland !
Le film retrace l'enfance et l'adolescence de Jamal Malik, enfant des bidonvilles de Mumbai (Bombay) avec pour fil conducteur une émission de Qui veut gagner des millions.
L'histoire est touchante, les acteurs jouent justes et le suspens bien maîtrisé tout au long de ce film atypique (mais bollywood uniquement sur les dernières images ;-)

P.S.:
:: Que va-t-il se passer dans les prochaines semaines?
Réponse A.: des nouveaux posts réguliers sur le blog
Réponse B.: l'arrivée du soleil, des petites fleurs, des papillons...
Réponse C.: l'échec d'une loi inapplicable et la démission d'une ministre de la culture
Réponse D.: un mystérieux swap co-organisé par Arsène, Praline et moi-même
(attention, il y a peut-être un piège)

lundi 2 mars 2009

Die Welle

Avant-première: Die Welle, la vague est un film allemand qui arrive dans les salles obscures mercredi.
La première partie du scénario est très largement inspirée d'une histoire vraie qui s'est déroulée en 1967 dans un lycée de Palo Alto, Californie, lorsqu'un professeur proposa à ses élèves de leur montrer à travers une expérience comment l'on peut facilement basculer dans l'autoritarisme (Ron Jones en réalité, professeur interprété par Jürgen Vogel pour cette fiction)
Dans ce magnifique et terrifiant film de Dennis Gansel, le professeur profite d'une semaine d'atelier sur l'autocratie pour démontrer que bien que l'on soit conscient et averti de ce qui s'est passé sous le régime nazi, cela pourrait toujours se reproduire de nos jours. Au fil des jours, il instaure une émulation et une confiance au sein du groupe qui désormais arbore tenue, sigle et salut distinctifs...
Mais la bêtise de l'Homme en groupe/meute est souvent difficile à maîtriser....

lundi 16 février 2009

Lady Macbeth de Mzensk

Le "de Mzensk" change tout. Rien à voir en effet avec Shakespeare puisque l'opéra de Chostakovitch, écrit dans les années 30, nous conte l'histoire d'une jeune femme russe éprise de son amant au point de tuer son mari. Dans une ambiance oppressante, se succèdent scènes de viol, ébats amoureux, déportation vers la Sibérie...
On remerciera (-ironique-) une nouvelle fois le metteur en scène et les décors pour avoir penser à mettre Lady Macbeth au milieu de la scène dans une petite salle vitrée, fermée par un toit bien opaque. La musique n'est pas renversante et les scènes plutôt déplacées au premier acte ce qui fait qu'on se demande bien ce que l'on fait encore là à l'entracte.
Heureusement la seconde partie nous réconcilie un peu grâce à une scénographie davantage poétique et une mélodie plus envolée. Le sol se soulève et laisse apparaître les déportés prostrés et gelés, les pieds dans l'eau, surveillés étroitement par des gardes et des maître-chien se déplaçant sur une grille au dessus d'eux. C'est sans doute étrange quand je le raconte mais c'était assez impressionnant en grandeur nature.
L'opéra avait été assez mal accueilli en 1934 par les soviétiques et Staline lui même avait écrit un article qualifiant l’opéra de "pornographie" et de "galimatias musical"...

dimanche 8 février 2009

Plaisir vous donneray

Inspiré du Décaméron de Boccace, Plaisir vous donneray est une "balade musical et poétique" à découvrir en ce moment au théâtre du Lucernaire!
Le recueil de nouvelles de Boccace nous narre l'histoire de dix jeunes gens qui, pour fuir la peste sévissant à Florence en l'an 1348, vont se réfugier à quelques lieues de là dans un site idyllique. Pour ne pas plonger dans l'ennui, chacun va conter une histoire à tour de rôle pendant les dix journées qu'ils passeront ici. C'est ainsi que nous obtenons cent nouvelles essentiellement grivoises et pleines d'humour.
Dans l'adaptation jouée au Lucernaire, une conteuse nous fait découvrir quelques unes de ces nouvelles entrecoupées de musiques renaissance merveilleusement bien interprétées par un violoncelliste, un accordéoniste et une jeune chanteuse lyrique*.
Je ne peux que vous encourager à détendre vos neurones et vos zygomatiques sur cette douce mélodie et cette prose emplie de gaieté.

PS: faites moi signe si vous avez besoin d'une réduction, je verrai ce que je peux faire ;)

* jeu: Laurianne Robert / chant: Charlotte Schumann / violoncelle : Olivier Garban / accordéon : Stéphane Puc

mercredi 28 janvier 2009

Picasso et les maîtres

Picasso et les maîtres. La fameuse exposition, l'incontournable même, présentée comme l'expo de l'année, et pourtant... on ne ressort pas emballé. A force de promettre trop, le visiteur risque de ne pas être conquis outre-mesure.
Après deux heures d'attente dans un froid glacial pouvant conduire à une amputation des orteils (mais heureusement, ce ne fut pas le cas), j'ai pu visiter - il y a trois semaines déjà - les salles du Grand Palais. L'attente à l'extérieur fut longue mais point de cohue dans les salles thématiques ce qui était bien agréable. De nombreux autoportraits de Picasso et quelques tableaux représentant ses différentes périodes côtoient les oeuvres des "maîtres" dont la corrélation n'est pas toujours évidente. Je suis toujours bluffé par la capacité de Picasso à peindre dans des styles si différents mais demeure plus sensible aux autres tableaux de l'exposition... (un comble?)
Les néophytes comme moi seront néanmoins ravis, les regards plus experts sans doute un peu plus dubitatifs. L'expo du musée d'Orsay semble avoir davantage conquis les coeurs.

A noter qu'il y a quatre journées non-stop du vendredi 30 janvier 9h au lundi 2 février 20h pour clore cette exposition qui aura battu tous les records de fréquentation avec près de 730 000 visiteurs.

dimanche 25 janvier 2009

Burn after Reading

Dans ce dernier opus décalé des frères Coen, casting de choc et contre-emplois. John Malkovich, comme toujours très étrange - j'adore - , endosse le rôle d'Osborne Cox, un agent secret sans emploi qui décide d'écrire ses mémoires. Brad Pitt est un abruti qui travaille dans une salle de sport et cherche à jouer les maîtres chanteurs (c'est hilarant!) et Georges Clooney très porté sur le sexe a la gâchette vraiment facile lorsqu'il s'agit d'utiliser son revolver. Quant à Frances McDormand, la femme de Joel Coen, elle n'a qu'une obsession, obtenir l'argent qui lui permettra de se faire refaire les seins. Je ne vous ferai pas de synopsis déjà bien fait ici ;-)
Tout le monde se trompe, tout le monde s'espionne dans ce film à la musique oppressante, en décalage avec l'humour en fil rouge. Les personnages passent à côté d'un bonheur simple qui est pourtant à leur portée et l'absurde finit par résoudre tragiquement l'affaire.

C'est un bon moment mais je ne crois pas que le film restera dans l'histoire.